Des cartes SIM Blue de CAMTEL, officiellement vendues à 500 FCFA, atteindraient 5 000 FCFA à Yaoundé. Pour rétablir l’approvisionnement, l’opérateur public relance un marché de 500 millions de FCFA, avec une commande réduite de près de 63 %.
Acheter une carte SIM Blue devient plus compliqué pour certains clients de CAMTEL. Dans une enquête publiée le 20 octobre 2026, EcoMatin rapporte une rupture de stock dans les circuits de distribution de l’opérateur public, tandis que des vendeurs ambulants à Yaoundé proposent la puce jusqu’à dix fois son prix officiel.
Selon une note interne datée du 24 août 2026 et citée par le média, les dernières livraisons remonteraient à août 2025. Plusieurs demandes de réapprovisionnement auraient été formulées en janvier 2026, sans permettre de rétablir les stocks.
Une carte SIM à 500 FCFA revendue à 5 000 FCFA
À proximité du centre commercial Casino, à Yaoundé, des vendeurs proposeraient la carte SIM Blue à 5 000 FCFA, contre 500 FCFA officiellement. La différence atteint 4 500 FCFA, soit une majoration de 900 %.
Selon un tenancier de cybercafé cité par EcoMatin, le prix de la puce tournait autour de 3 000 FCFA en mars 2026. Sa progression jusqu’à 5 000 FCFA représente une hausse de 66,7 % en quelques mois.
L’offre promotionnelle associée comprend notamment 2 Go de données et 2 000 unités d’appel, valables pendant 48 heures après activation, selon les informations rapportées par le média.
Ces prix correspondent à des observations localisées et ne permettent pas de généraliser cette pratique à l’ensemble du Cameroun. La provenance des cartes et le statut des revendeurs concernés restent également à vérifier.
Les chiffres clés de la pénurie
À Yaoundé, l’écart entre le tarif officiel et le prix signalé sur le marché parallèle interpelle.
À retenir : les prix de 5 000 FCFA correspondent à des faits rapportés dans certains points de vente à Yaoundé, et non à un tarif généralisé à l’ensemble du pays.
854 225 cartes SIM pour 500 millions de FCFA
Pour reconstituer ses stocks, CAMTEL a engagé deux procédures d’approvisionnement.
Le premier appel d’offres, lancé le 24 mars 2026, portait sur 2 300 600 cartes SIM, dont 1 850 000 cartes numérotées et 450 600 cartes vierges compatibles 5G. La procédure a été déclarée infructueuse le 8 juin 2026, l’unique soumissionnaire n’ayant pas fourni la caution de soumission de 10 millions de FCFA accompagnée du récépissé de la Caisse des dépôts et consignations.
Le second marché, lancé le 20 juillet, porte sur 854 225 cartes, réparties entre 700 000 cartes numérotées et 154 225 cartes vierges, pour un budget prévisionnel inchangé de 500 millions de FCFA.
Le volume commandé diminue ainsi de 62,9 %. Rapporté mécaniquement au nombre de cartes, le budget moyen théorique passe d’environ 217 à 585 FCFA par unité. Cette évolution ne prouve toutefois pas une hausse équivalente du prix d’achat : les spécifications techniques et les prestations prévues dans chaque marché doivent être comparées.
CAMTEL a reporté, par additif publié sur la plateforme de l’ARMP, la date limite de dépôt des offres au 3 novembre 2026 à 9 heures. Si le marché est attribué, le délai maximal de livraison est fixé à quatre mois calendaires à compter de la notification de l’ordre de service.
CAMTEL face à Orange et MTN
Cette pénurie intervient alors que CAMTEL cherche à renforcer sa position sur le marché mobile camerounais. Selon les données de l’Observatoire annuel 2024 de l’ART rapportées par EcoMatin, l’opérateur public représentait 2,67 % des revenus mobiles, contre 50,08 % pour Orange Cameroun et 47,26 % pour MTN Cameroon.
Parallèlement, CAMTEL prévoit d’ajouter 245 nouveaux sites mobiles à son parc déclaré, qui passerait de 473 à 718 sites si toutes les installations annoncées sont mises en service.
Le contraste est notable : étendre la couverture réseau ne suffit pas si les clients ne peuvent pas accéder facilement aux cartes SIM permettant de souscrire aux offres.
La priorité est désormais de rétablir la distribution à un prix accessible et de sécuriser les approvisionnements. Contactée par EcoMatin, la direction de la communication de CAMTEL n’avait pas répondu aux sollicitations du média au moment de la publication de son enquête. Les causes précises de la pénurie et les mesures correctives engagées restent donc à clarifier.

























































