Ce qui devait être un moment de cohésion s’est transformé en drame. À la veille de la Fête du Travail 2026 au Cameroun, l’opérateur historique est frappé par une disparition brutale survenue lors d’un programme de team building.
Dans un communiqué publié le 27 avril depuis Yaoundé, l’entreprise confirme le décès de Madame Liza Zogo Ndjomo, épouse Mintyene, cadre à la Direction des Ressources Humaines. Le drame s’est produit la veille, le 26 avril, sur les hauteurs de Mbankolo, lors d’une marche sportive organisée dans le cadre des activités liées à la célébration du 1er mai.
Une initiative de cohésion qui bascule
Au moment où l’entreprise multiplie les programmes de bien-être et les initiatives de cohésion interne, cette marche réunissait des collaborateurs autour d’un objectif simple : renforcer les liens et consolider la culture d’entreprise.
Ce type d’initiative s’inscrit dans une tendance de fond. Dans les entreprises technologiques et télécoms, les programmes de bien-être se multiplient — sport, activités outdoor, exercices de cohésion — afin d’améliorer à la fois la productivité et l’engagement des équipes.
Cependant, le scénario a brutalement basculé. En pleine activité, le drame survient. À ce stade, aucune précision officielle n’a été donnée sur les circonstances exactes du décès. Mais le choc est immédiat, à la hauteur du contraste entre l’intention initiale et l’issue.
Une perte humaine au cœur d’un acteur stratégique
Au-delà de l’émotion, cette disparition touche un pilier du paysage numérique camerounais. L’entreprise publique joue un rôle central dans le déploiement des infrastructures, notamment en matière de fibre optique et de connectivité nationale.
Dans un marché télécom encore marqué par une forte concurrence, des contraintes d’investissement et une pression constante sur la modernisation des réseaux, les équipes internes constituent un levier stratégique majeur. Autrement dit, le pilotage des talents devient un facteur clé de performance.

Dans son communiqué, la Directrice Générale, Judith Yah Sunday épouse Achidi, salue « une professionnelle engagée et une femme de valeur », évoquant un parcours marqué par le dynamisme et un sens élevé des responsabilités.
Ce type de message, institutionnel dans sa forme, traduit néanmoins une réalité plus profonde : la perte dépasse le cadre administratif. Elle touche le cœur humain de l’organisation.
Sécurité en entreprise : un angle encore sous-estimé
Ce drame met en lumière une question rarement abordée de manière frontale : la sécurisation des activités de cohésion. Car si les entreprises investissent davantage dans le bien-être des employés, l’encadrement de ces initiatives reste inégal.
Dans des environnements naturels comme Mbankolo, les risques sont bien réels. Terrain accidenté, effort physique soutenu, conditions climatiques variables : autant de paramètres qui nécessitent une préparation rigoureuse. Encadrement médical, évaluation des participants, dispositifs d’urgence — ces éléments, souvent invisibles, deviennent pourtant déterminants.
Ainsi, ce type d’événement révèle un angle mort dans certaines stratégies RH modernes. À mesure que les organisations s’alignent sur des standards internationaux, la gestion du risque s’impose comme un enjeu structurant.
Une Fête du Travail sous tension symbolique
Le timing renforce l’impact. La Fête du Travail, traditionnellement dédiée à la valorisation des travailleurs, s’ouvre ici dans un climat de deuil pour l’entreprise. Une coïncidence lourde de sens.
Elle rappelle une évidence souvent éclipsée par les discours sur la performance et l’innovation : les organisations reposent avant tout sur des individus. Et ces derniers restent exposés, y compris dans des contextes perçus comme informels ou récréatifs.
Vers une prise de conscience dans le secteur tech camerounais ?
Dans l’immédiat, une délégation a été mobilisée pour accompagner la famille de la disparue, dans un geste de solidarité conforme aux standards de responsabilité sociale.
Mais au-delà de l’émotion, une question demeure : cet événement marquera-t-il un tournant ? Dans un secteur télécom camerounais en mutation — entre transformation digitale, exigences de performance et contraintes économiques — la gestion des talents reste un équilibre fragile.
Ce drame pourrait ainsi ouvrir un débat plus large sur les standards de sécurité, notamment pour les activités hors site. Non pas pour freiner ces initiatives, mais pour mieux les encadrer.
Car à Mbankolo, ce 26 avril 2026, une certitude s’impose : même dans un environnement technologique avancé, le facteur humain reste la variable la plus sensible — et la plus fragile.
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