Le secteur télécom camerounais traverse une nouvelle zone de turbulences. Ce 22 février 2026, une publication de l’activiste N’zui Manto évoque l’existence d’un vaste système présumé de détournement de bande passante au sein de Camtel.
Diffusé sur les réseaux sociaux, le message parle d’un “réseau interne” actif depuis 2017. Il avance qu’un mécanisme aurait consisté à facturer aux entreprises 2 Gbps de capacité tout en leur délivrant 40 Gbps, en dehors des termes contractuels, générant un manque à gagner estimé à plusieurs milliards de FCFA. Le texte affirme également que le directeur technique Ahmadou Saïd et plusieurs collaborateurs auraient été suspendus pour deux mois, le temps d’investigations internes.
À l’heure où nous publions, aucune confirmation officielle de Camtel n’a été rendue publique concernant ces allégations. Les personnes citées bénéficient de la présomption d’innocence.
Une séquence sensible dans un secteur stratégique
Camtel occupe une place centrale dans l’écosystème numérique national. Opérateur historique, gestionnaire du backbone en fibre optique nationale et acteur clé du marché télécom B2B, l’entreprise structure l’accès à l’Internet entreprise au Cameroun.
Dans ce contexte, toute accusation liée à la gestion de la bande passante dépasse la simple controverse interne. Elle touche à la crédibilité du marché, à l’équilibre concurrentiel et à la confiance des partenaires économiques. La connectivité n’est plus un simple service technique : elle conditionne la finance numérique, l’administration électronique, l’éducation en ligne et l’ensemble de l’économie digitale.
Cependant, il demeure essentiel de distinguer l’allégation relayée sur les réseaux sociaux de toute conclusion établie.
Ce que dit précisément la publication
Allégations non confirméesSelon le texte attribué à N’zui Manto, les points suivants sont avancés :
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Un réseau interne opérerait depuis 2017.
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Des entreprises achèteraient contractuellement 2 Gbps.
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Elles recevraient en réalité 40 Gbps.
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Plusieurs responsables auraient été suspendus deux mois.
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Le préjudice se chiffrerait en milliards de FCFA.
Comment fonctionne la vente de bande passante ?
Dans le modèle télécom, la bande passante vendue aux entreprises correspond à une capacité contractuelle définie dans un cadre formel. Elle est attribuée via des infrastructures fibre et des équipements de réseau, puis encadrée par des systèmes de supervision et de facturation.
Chaque contrat repose sur un débit précis. Toute divergence prolongée entre capacité vendue et capacité réellement fournie impliquerait, en principe, des mécanismes de contrôle interne et de traçabilité.
Un ingénieur réseau contacté par KAMERANDROID, sous couvert d’anonymat, rappelle :
« Dans un environnement opérateur, la supervision est permanente. Un écart durable entre débit contractuel et débit réellement délivré laisserait normalement des traces. La question est donc d’abord organisationnelle et liée aux processus de contrôle. »
Cette remarque ne valide ni n’invalide les accusations, mais souligne l’importance des mécanismes d’audit dans la gouvernance télécom.
Suspension évoquée : silence institutionnel
La publication évoque une suspension de deux mois visant le directeur technique et d’autres collaborateurs. Or, jusqu’à présent :
- aucun communiqué officiel n’a été diffusé ;
- aucune note administrative authentifiée n’a circulé ;
- aucune déclaration publique n’a confirmé l’ouverture formelle d’une enquête.
Dans toute affaire impliquant des responsables nommément cités, la prudence demeure impérative. Les informations doivent être clairement attribuées à leur source et ne sauraient être présentées comme des faits établis en l’absence de confirmation officielle.
Une affaire aux implications économiques
Le segment de la bande passante entreprise constitue l’un des piliers du marché télécom B2B. Il représente un levier stratégique pour les opérateurs, notamment dans un contexte d’expansion de la fibre optique nationale et de montée des besoins en connectivité professionnelle.
Si les accusations s’avéraient fondées, elles pourraient affecter :
- la compétitivité des entreprises clientes ;
- la transparence tarifaire du marché ;
- la perception de fiabilité du secteur télécom camerounais.
À l’inverse, si ces allégations ne reposaient sur aucun élément tangible, elles illustreraient la capacité d’une information virale à fragiliser un acteur stratégique en l’absence de vérification formelle.
Dans les deux cas, la séquence met en lumière l’importance des audits internes, de la gouvernance et de la communication institutionnelle dans les infrastructures critiques.
Un enjeu qui dépasse le cadre national
La question de la gouvernance télécom n’est pas propre au Cameroun. Partout en Afrique, la montée des exigences en matière de cybersécurité, de conformité et de transparence pousse les opérateurs et les régulateurs à renforcer les mécanismes d’audit.
Dans un environnement où la souveraineté numérique devient un enjeu continental, la robustesse des processus internes constitue un facteur de crédibilité à long terme.
Timeline des faits connus
Repères clésLes informations ci-dessous reprennent uniquement les dates et éléments cités publiquement à ce stade.
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2017
Début présumé du réseau interne, selon la publication.
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22/02/2026
Diffusion du message sur les réseaux sociaux.
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À ce jour
Aucune réaction officielle publique de Camtel n’a été relevée.
Ce que nous savons / Ce que nous ne savons pas
Synthèse rapideCe que nous savons
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Une publication datée du 22 février 2026 accuse des responsables internes de Camtel.
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Elle évoque un système présumé actif depuis 2017.
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Elle avance un préjudice de plusieurs milliards de FCFA.
Ce que nous ne savons pas
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L’existence formelle d’une suspension administrative.
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L’ouverture d’une enquête judiciaire ou réglementaire.
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L’authenticité de documents internes.
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La position officielle de Camtel.
Position éditoriale et ouverture
À ce stade, les informations doivent être considérées comme des allégations non confirmées. KAMERANDROID a sollicité des clarifications auprès des parties concernées. Toute réaction officielle sera publiée dans un souci d’équilibre et de transparence.
Dans un secteur où la confiance vaut autant que la capacité réseau, la transparence reste la meilleure infrastructure. Cette séquence ouvrira-t-elle la voie à un audit indépendant ou à une enquête réglementaire ? Les autorités compétentes prendront-elles position ?
L’affaire reste à suivre. Elle pourrait, selon les développements à venir, redéfinir les standards de gouvernance dans le secteur télécom camerounais.
Pour aller plus loin :
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