Le 19 janvier 2024, le Cameroun est secoué par un scandale sexuel sans précédent. Sur les réseaux sociaux, des dizaines de témoignages anonymes accusent Hervé Bopda, un homme d’affaires et jet-setteur, de viols, proxénétisme et séquestrations. Derrière cette vague de dénonciations, il y a un homme : N’zui Manto, un lanceur d’alerte qui se présente comme “la panthère noire de l’Afrique centrale”.
Qui est N’zui Manto ?
N’zui Manto est un activiste camerounais qui utilise les réseaux sociaux pour dénoncer les abus de pouvoir, la corruption et les injustices dans son pays. Il se fait connaître en 2023, lorsqu’il révèle l’affaire des “morts ambulants”, des personnes déclarées décédées par erreur et privées de leurs droits. Il publie alors des vidéos et des documents prouvant les dysfonctionnements administratifs et les détournements de fonds.
Depuis, il n’a cessé de multiplier les révélations choc, touchant aussi bien le monde politique, économique que religieux. Il s’attaque notamment au président Paul Biya, qu’il accuse de dictature, de népotisme et de détournement de l’aide internationale. Il critique aussi les leaders religieux, qu’il soupçonne de complicité avec le pouvoir et de manipulation des fidèles.
N’zui Manto se présente comme un défenseur des droits humains, un porte-parole des sans-voix et un justicier de la toile. Il revendique plus de 300 000 abonnés sur Facebook, où il diffuse régulièrement des vidéos en direct, suivies par des milliers d’internautes. Il utilise aussi TikTok, où il poste des clips humoristiques et satiriques. Il se dit inspiré par les figures de la résistance africaine, comme Thomas Sankara, Patrice Lumumba ou Nelson Mandela.
Comment a-t-il lancé l’affaire Bopda ?
L’affaire Bopda commence le 19 janvier 2024, lorsque N’zui Manto publie sur son compte Facebook un message invitant les victimes présumées d’Hervé Bopda à lui écrire en privé. Il explique qu’il a reçu des informations accablantes sur cet homme d’affaires, qu’il décrit comme un “prédateur sexuel” et un “pervers narcissique”. Il promet de les protéger et de les soutenir dans leur démarche judiciaire.
En quelques heures, il reçoit plus de 1 000 messages, dont une quarantaine de témoignages détaillés. Il décide alors de les rendre publics, en préservant l’anonymat des victimes. Il les publie sur sa page Facebook, sous forme de captures d’écran, accompagnées de commentaires indignés. Il appelle ses abonnés à partager massivement ces révélations, pour briser le silence et faire éclater la vérité.

Les témoignages dépeignent Hervé Bopda comme un homme violent, qui aurait abusé sexuellement de centaines de femmes, dont certaines mineures, en les menaçant avec une arme à feu ou en les droguant. Il aurait aussi recouru à des réseaux de proxénétisme, avec la complicité de ses gardes du corps et de personnels de la garde présidentielle. Il aurait sévi dans plusieurs villes du Cameroun, notamment Douala, Yaoundé, Kribi, Limbé et Buéa.
Quelles sont les conséquences de son action ?
L’action de N’zui Manto provoque un séisme au Cameroun. Les réseaux sociaux s’enflamment, les médias s’emparent du sujet, les autorités réagissent. L’affaire Bopda devient le symbole d’un ras-le-bol généralisé face aux violences faites aux femmes, à l’impunité des puissants et à la corruption du système. Elle déclenche une vague #MeToo au Cameroun, où d’autres victimes osent prendre la parole et dénoncer leurs agresseurs.
Hervé Bopda, qui nie les faits qui lui sont reprochés, porte plainte pour diffamation contre N’zui Manto. Mais ce dernier bénéficie du soutien de nombreux avocats, militants et personnalités, qui saluent son courage et sa détermination.
L’affaire Bopda dépasse les frontières du Cameroun. Elle suscite l’intérêt et la solidarité de plusieurs organisations internationales, comme Amnesty International, Human Rights Watch ou ONU Femmes, qui appellent à la protection des victimes et des témoins, ainsi qu’à une enquête indépendante et transparente. Elle interpelle aussi des célébrités, comme la chanteuse Kareyce FOTSO qui expriment leur soutien à N’zui Manto et aux victimes.
N’zui Manto, qui se dit fier d’avoir contribué à libérer la parole des femmes, espère que son action aura des répercussions positives sur la société camerounaise. Il appelle à un changement radical du système politique, économique et social, qu’il juge gangrené par la corruption, l’injustice et l’oppression. Il se dit convaincu que le peuple camerounais est capable de se lever et de se battre pour ses droits.































































