Des centaines de milliers de smartphones pourraient bientôt se retrouver au cœur d’une réforme particulièrement sensible au Cameroun.
Alors que le gouvernement souhaite accélérer le blocage des téléphones non dédouanés, MTN Cameroon et Orange Cameroun alertent sur plusieurs failles susceptibles de provoquer des perturbations et d’affecter les utilisateurs.
Si la lutte contre la contrebande fait largement consensus, le calendrier et les modalités de déploiement continuent de faire débat.
Le gouvernement veut accélérer
Dans une lettre datée du 5 juin 2026, le ministre des Finances Louis Paul Motaze reproche aux opérateurs de ne pas avoir encore appliqué les conclusions arrêtées avec la Direction générale des Douanes.
Selon le Minfi, « les diligences convenues ne sont pas suivies d’effet à date ». Le ministère demande une mise en œuvre « urgente et complète » du dispositif dans le cadre de la phase pilote.
Autre précision importante : ce sont les téléphones qui seront visés, et non les cartes SIM.
Pas de blocage des numéros, mais des IMEI
Contrairement aux rumeurs qui circulent depuis plusieurs semaines, les numéros de téléphone ne seront pas désactivés.
Le dispositif cible uniquement les identifiants IMEI des appareils qui ne figurent pas dans la plateforme de suivi de la réforme.
En clair, un smartphone importé sans dédouanement régulier pourrait perdre l’accès aux réseaux mobiles du pays.
Pour connaître l’IMEI de votre téléphone, il suffit généralement de composer :
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À ce stade, aucune plateforme officielle ne permet encore de vérifier si un smartphone a été dédouané au Cameroun.
Pourquoi MTN et Orange tirent-ils la sonnette d’alarme ?
Les deux opérateurs soutiennent les objectifs poursuivis par l’État. Mais plusieurs questions importantes restent encore sans réponse.
Le problème, c’est que plusieurs points critiques demeurent non résolus :
- l’absence d’une véritable phase pilote ;
- les risques liés aux IMEI falsifiés ;
- la gestion des smartphones double SIM ;
- les risques de blocages abusifs ;
- les modalités applicables aux touristes ;
- l’absence d’intégration du Mobile Money.
Selon les opérateurs, un lancement précipité pourrait produire l’effet inverse de celui recherché.
Près de 700 000 smartphones dans le viseur
D’après les chiffres relayés ces dernières semaines, près de 700 000 téléphones se seraient connectés pour la première fois au réseau local entre le 1er et le 25 avril 2026 sans avoir été préalablement dédouanés.
Pour les autorités, l’enjeu est à la fois fiscal et sécuritaire.
Votre smartphone est-il concerné ?
À ce stade, les appareils déjà présents sur le réseau avant le 1er avril 2026 ne semblent pas être les premiers visés.
En revanche, davantage de prudence est recommandée :
- pour les smartphones achetés sur le marché de l’occasion ;
- pour les appareils provenant de vendeurs informels ;
- pour les téléphones importés récemment.
Conserver sa facture d’achat et vérifier son IMEI constituent déjà de bonnes précautions.
Comment éviter les mauvaises surprises ?
Quelques gestes simples peuvent être utiles :
- conserver sa facture d’achat ;
- vérifier l’IMEI de son téléphone ;
- privilégier les circuits officiels ;
- rester attentif aux futures annonces des autorités.
Analyse KAMERANDROID : un déploiement progressif paraît plus crédible
Sur le principe, MTN et Orange ne contestent pas la nécessité de lutter contre la contrebande des smartphones.
En revanche, l’expérience observée dans plusieurs pays montre que les systèmes basés sur les identifiants IMEI figurent parmi les plus complexes à déployer dans l’industrie mobile.
Au Kenya, au Pakistan ou encore en Turquie, plusieurs mois de tests ont été nécessaires avant un déploiement à grande échelle.
Entre smartphones double SIM, IMEI falsifiés et marché de l’occasion particulièrement dynamique, un lancement précipité pourrait rapidement se transformer en casse-tête pour les opérateurs comme pour les utilisateurs.
En l’état actuel des choses, un déploiement progressif accompagné d’une phase pilote plus large apparaît comme l’un des scénarios les plus crédibles.
Une réforme qui sera suivie de près
La lutte contre les importations frauduleuses fait désormais partie des priorités des autorités camerounaises.
Mais entre impératifs fiscaux, contraintes techniques et protection des consommateurs, cette réforme s’annonce particulièrement délicate.
Une chose est sûre : si le dispositif est mal calibré, ce sont potentiellement des milliers d’utilisateurs qui pourraient en faire les frais.
Reste désormais à savoir si les autorités choisiront d’aller vite… ou prendront le temps nécessaire pour éviter les erreurs.





























































