Un procès à 2 600 milliards FCFA secoue le secteur
Le marché africain du Mobile Money est secoué par une affaire judiciaire d’envergure. Le 21 janvier 2026, la société irlandaise AC Shining Stars Management Ltd (ACS) a engagé une action contre le géant télécom MTN Group Limited et plusieurs de ses filiales. Motif : l’utilisation présumée non autorisée de la marque déposée « MOBILE MONEY® », pour laquelle ACS réclame près de 4 milliards d’euros, soit environ 2 600 milliards de FCFA, en dommages et intérêts.
Une affaire qui traverse quatorze pays
L’action judiciaire couvre quatorze pays, dont le Cameroun, le Ghana, le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Bénin et la France. ACS accuse MTN d’avoir exploité la marque « MOBILE MONEY® » sans autorisation, au détriment de partenaires disposant de licences légitimes. Ces usages sont qualifiés de contrefaçon. À ce jour, MTN n’a pas communiqué publiquement sur le dossier, laissant planer la question : « Mobile Money » est-il un terme générique ou une marque privative ?
Mobile Money au Cameroun : chiffres et visualisation
Au Cameroun, MTN Mobile Money domine avec 70,2 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2024 (+27 % vs 2023), 1,82 milliard de transactions (+47 %) et 11,4 millions d’abonnés actifs, soit 38 % de la base combinée MTN/Orange. Son principal concurrent, Orange Money, a généré 65 milliards FCFA sur la même période.
Pour visualiser rapidement la dynamique du marché :
| Indicateur | MTN MoMo 2024 | Orange 2024 |
|---|---|---|
| CA (milliards FCFA) | 70,2 (+27%) | 65 |
| Transactions | 1,82 milliard (+47%) | N/D |
| Abonnés actifs | 11,4M | N/D |
La protection de la marque ACS au Cameroun est assurée via l’OAPI, bien que la portée exacte des classes financières et télécoms mérite vérification dans le BOPI récent (2025). Si ACS obtient gain de cause, cela pourrait entraîner un renommage des services et des impacts financiers colossaux.
ACS et la protection de la marque « MOBILE MONEY® »
ACS détient la marque depuis 2016, protégée dans 37 juridictions en Europe, Afrique et Asie (OMPI ROM.1318304). La protection couvre les logiciels et équipements numériques, les services financiers et bancaires, ainsi que les télécommunications. Selon le registre OMPI, la portée varie selon les pays : à Madagascar, seule la classe logicielle est reconnue, tandis que les services financiers et télécoms ont été refusés partiellement en 2017. Cette disparité souligne la complexité juridique pour MTN dans plusieurs États africains.
Du règlement amiable au contentieux
ACS affirme avoir épuisé toutes les voies amiables, y compris des démarches diplomatiques, avant de saisir les tribunaux. Selon la société, MTN n’a pas répondu à ces initiatives, rendant la procédure judiciaire inévitable. L’affaire pose des questions centrales sur la propriété intellectuelle dans la FinTech africaine : qui peut utiliser le terme « Mobile Money » et sous quelles conditions ?
Enjeux pour le marché africain du Mobile Money
L’issue du procès pourrait imposer un renommage des services, une révision des licences et partenariats, et créer un précédent juridique majeur. Avec des flux financiers annuels dépassant plusieurs centaines de milliards de FCFA, l’impact est significatif pour les opérateurs et les consommateurs.
ACS : stratégie et positionnement international
Fondée en 2021 à Dublin, ACS se positionne comme un acteur international sur la propriété intellectuelle, les paiements numériques, l’analytique et la business intelligence, et les investissements en capital-risque et private equity. Présente dans plus de 85 pays, l’entreprise s’appuie sur un conseil d’administration international pour protéger et exploiter ses actifs immatériels. Le procès contre MTN illustre sa stratégie de valorisation et de défense de ses droits intellectuels, rarement abordée dans le secteur du mobile money africain.
Ce que cela signifie pour les utilisateurs
Pour l’instant, les services MoMo restent intacts. Mais l’affaire pourrait redéfinir la gestion des marques et services financiers numériques en Afrique. La question clé : « Mobile Money » est-il générique ou protégé ? L’évolution de cette procédure sera suivie de près par l’ensemble de l’écosystème FinTech africain.
À retenir : Procès ACS vs MTN
- 2 600 milliards FCFA réclamés en dommages.
- 14 pays concernés, dont le Cameroun.
- Marque « MOBILE MONEY® » au cœur du litige (OMPI ROM.1318304).
- MTN MoMo Cameroun 2024 : 70,2 milliards FCFA CA, 1,82 milliard transactions.
- Enjeu : terme générique ou marque privative ? Précedent FinTech Afrique.
Ce procès pourrait redéfinir marques et services Mobile Money en Afrique.
Vos transferts MoMo sont-ils menacés ? Commentez et abonnez-vous pour suivre les mises à jour OAPI/MTN !
Pour aller plus loin :
- Cameroun : MTN Mobile Money lance une carte MoMo virtuelle connectée à Mastercard
- Orange Money et MTN Mobile Money : croissance record mais concentration et enjeux tarifaires persistent
- Orange Money et MTN Mobile Money : comment mettre votre argent hors de danger ?
- Wave Au Cameroun : Quelle Menace Pour Orange Money Et MTN Mobile Money ?
- Orange Money et MTN Mobile Money : comment annuler un transfert d’argent en cas d’erreur
- Blue Money : Camtel défie MTN et Orange sur le marché du mobile money au Cameroun
- Blue Mobile Money : Camtel lève 500 millions FCFA pour défier Orange et MTN
- Mobile Money : pourquoi MTN Côte d’Ivoire casse les frais de retrait à 0 % ?





























































