Depuis le 1er février 2025, Orange Cameroun affirme avoir subi 15 coupures de la fibre optique fournie par Camtel, perturbant la qualité de ses services à travers le pays. Ces interruptions répétées ont entraîné des dysfonctionnements majeurs pour plus de 500 000 abonnés, impactant la téléphonie mobile et l’accès à Internet, notamment dans les grandes villes comme Yaoundé, Douala, Bafoussam et Garoua.
Ces perturbations ne concernent pas seulement les particuliers. De nombreuses entreprises, banques et plateformes de commerce en ligne ont signalé des difficultés d’accès à leurs services numériques. Selon une source interne à Orange Cameroun, les pertes économiques dues à ces coupures pourraient s’élever à plusieurs centaines de millions de FCFA, une situation qui inquiète de nombreux acteurs du secteur.
Camtel se défend et rejette toute implication
Face à ces accusations, Camtel, le principal fournisseur d’infrastructures télécoms au Cameroun, a rapidement réagi. Dans un communiqué officiel publié le 17 février 2025, l’entreprise publique affirme que son réseau fonctionne normalement et que les coupures signalées ne relèvent pas de sa responsabilité. Camtel suggère que les problèmes rencontrés par Orange pourraient être liés à des incidents techniques internes ou à des actes de vandalisme sur les installations de fibre optique.
Un cadre technique de Camtel, sous couvert d’anonymat, affirme que « les infrastructures de Camtel sont conformes aux normes internationales et régulièrement entretenues », et qu’une enquête approfondie serait nécessaire pour déterminer les véritables causes de ces perturbations.
Des experts appellent à une réforme du secteur
Pour les spécialistes du domaine, cette crise met en évidence un problème structurel majeur : la dépendance excessive des opérateurs privés à l’égard des infrastructures publiques de Camtel. L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), responsable de la supervision du secteur, s’est déjà saisie de la question et pourrait intervenir pour arbitrer ce différend.
Selon un rapport de l’ART, le Cameroun a connu une hausse de 40 % des coupures de fibre optique en un an, affectant la qualité des services de plusieurs opérateurs, dont MTN et Orange. L’ART souligne également que malgré un investissement de 117 milliards de FCFA en 2023, le réseau de fibre optique de Camtel demeure insuffisant pour répondre aux exigences croissantes du marché.
SGS Cameroun, entreprise spécialisée dans l’audit et le conseil en télécommunications, met en avant le besoin d’une meilleure régulation et d’un renforcement des infrastructures pour garantir un service stable et sécurisé. De son côté, AfricaShore, une plateforme de consultants en télécoms, estime que le marché camerounais souffre d’un manque de concurrence sur le segment des infrastructures, ce qui freine l’innovation et rend les opérateurs vulnérables à ce type de perturbations.
Des consommateurs pénalisés, des solutions attendues
En attendant une issue à ce bras de fer, les abonnés restent les principales victimes de ces tensions. Sur les réseaux sociaux, de nombreux clients d’Orange Cameroun dénoncent la mauvaise qualité du service et demandent des compensations. Certains professionnels de l’économie numérique, qui dépendent d’une connexion fiable pour leurs activités, expriment également leur inquiétude face à l’incertitude qui plane sur la stabilité du réseau.
Avec un taux de pénétration d’Internet en pleine croissance – estimé à 45 % en 2024, et un marché des télécoms générant plus de 400 milliards de FCFA de chiffre d’affaires annuel, cette affaire souligne l’urgence de moderniser et de diversifier les infrastructures pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise à l’avenir.
Pour l’heure, aucune issue concrète n’a été annoncée. Toutefois, l’ART pourrait exiger une collaboration renforcée entre les opérateurs et un cadre réglementaire plus strict pour assurer une connectivité plus stable et plus résiliente pour les Camerounais.






























































