Le président camerounais Paul Biya a rejeté la proposition de privatisation de Camtel, l’opérateur historique des télécommunications au Cameroun, selon un décret signé le 3 décembre 2024. Cette décision intervient alors que le pays fait face à une crise économique et sociale, aggravée par la pandémie de Covid-19.
Pourquoi Paul Biya refuse de vendre Camtel ?
Camtel est la seule entreprise publique du secteur des télécommunications au Cameroun. Elle détient le monopole de la gestion du réseau de fibre optique national, qui s’étend sur plus de 20 000 km. Elle propose également des services de téléphonie fixe et mobile, ainsi que d’internet.
La privatisation de Camtel faisait partie des recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui a accordé au Cameroun un prêt de 382 millions de dollars en juin 2024 pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire. Le FMI estimait que la vente de Camtel permettrait d’améliorer la concurrence, la qualité des services et la couverture du réseau dans le pays.
Mais le président Paul Biya a décidé de conserver Camtel dans le giron de l’Etat, arguant que l’entreprise est “un outil stratégique de souveraineté nationale”. Il a également invoqué des raisons de sécurité, affirmant que Camtel joue un rôle essentiel dans la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité.
Quelles sont les conséquences de ce refus ?
Le refus de privatiser Camtel risque de compromettre les relations entre le Cameroun et le FMI, qui conditionne son aide à la mise en œuvre de réformes structurelles. Le FMI pourrait réduire ou suspendre son soutien financier au pays, qui fait face à une dette publique de plus de 60% du PIB.

Le maintien de Camtel dans le secteur public pourrait également avoir des effets négatifs sur le développement du marché des télécommunications au Cameroun, qui compte plus de 23 millions d’abonnés mobiles et 8 millions d’internautes. Camtel est souvent accusée de pratiquer des tarifs élevés, de fournir des services de mauvaise qualité et de freiner l’expansion des autres opérateurs, notamment Orange et MTN, qui dépendent de son réseau de fibre optique pour acheminer leurs données.
Enfin, le refus de vendre Camtel pourrait renforcer le mécontentement de la population camerounaise, qui souffre de la pauvreté, du chômage, de la corruption et de la répression politique. Le pays est également confronté à des conflits armés dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où des groupes séparatistes réclament l’indépendance.






























































