Le projet de modernisation du système d’obtention de la Carte Nationale d’Identité (CNI) au Cameroun, lancé en mai 2024, semblait offrir une solution radicale aux longues attentes et à la bureaucratie qui caractérisent traditionnellement les démarches administratives. En partenariat avec la société allemande Augentic GmbH, la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) annonçait une révolution numérique qui permettrait aux citoyens d’obtenir leur CNI en seulement 48 heures. L’outil phare de cette réforme : une application mobile permettant de prendre des rendez-vous en ligne pour une demande de CNI.
Cependant, près d’un an après ces annonces, force est de constater que l’application tant promise est toujours absente. Le service reste inaccessible et la plupart des Camerounais continuent d’affronter un système archaïque, fait de longues files d’attente et d’une gestion inefficace des rendez-vous. La promesse d’une amélioration significative du service, et d’une prise en charge plus rapide, semble s’éloigner de plus en plus, suscitant des frustrations et des doutes quant à l’engagement des autorités à tenir leurs engagements.
Des citoyens laissés dans l’incertitude
Au-delà de l’absence de l’application, c’est l’absence de transparence dans la gestion du processus qui alimente le mécontentement. Les centres de production de la CNI, censés fonctionner à plein régime dans des villes clés comme Yaoundé, Douala et Garoua, restent des lieux où les attentes sont interminables. Les citoyens, qui se sont tournés vers ce nouveau système numérique avec espoir, se retrouvent souvent à faire face à des retards considérables, bien loin de la promesse d’un délai réduit à 48 heures.
La gestion manuelle, en dépit des progrès technologiques annoncés, rend l’expérience encore plus frustrante. Nombreux sont ceux qui dénoncent le manque de suivi des demandes, l’absence d’information claire sur le statut de leurs demandes, et l’inefficacité de la communication entre les administrations. Les files d’attente interminables, exacerbées par un nombre insuffisant de guichets et de personnel, restent la norme pour des millions de Camerounais désireux de recevoir ce document fondamental.
Au cœur de cette impasse, la question de la confiance dans les réformes et leur financement se pose avec acuité. Si le partenariat avec Augentic GmbH et les investissements associés laissent espérer une modernisation, le manque de résultats concrets fait naître des interrogations sur la gestion des ressources et l’efficacité de ce projet. Les promesses de gouvernance numérique et de facilitation des démarches administratives semblent aujourd’hui reléguées au rang de simples déclarations sans fondement.
La pression monte ainsi sur les autorités camerounaises, qui devront rapidement trouver des solutions viables pour concrétiser ces réformes et apporter un réel changement. Les citoyens, exaspérés par cette situation de stagnation, attendent désormais des mesures concrètes et un véritable respect des engagements pris.






























































