CAMTEL, l’opérateur public des télécommunications au Cameroun, a lancé un appel à candidatures pour le poste d’Assistant(e) de Direction. Un recrutement qui s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’entreprise sous la direction de Judith Yah Sunday épse Achidi, sa Directrice Générale. Pourtant, derrière cette offre d’emploi alléchante, une exigence fait grincer des dents : les candidats doivent s’acquitter de 10 000 F CFA de frais de dossier, une pratique qui interroge sur la transparence et l’accessibilité du recrutement.
CAMTEL en pleine transformation
Ce recrutement intervient alors que CAMTEL vient de renforcer ses effectifs avec 75 ingénieurs spécialisés, recrutés récemment pour moderniser les infrastructures et accompagner la transition numérique de l’entreprise. Une initiative saluée par les observateurs du secteur, qui y voient une volonté de l’opérateur historique de rattraper son retard technologique.
Mais alors que CAMTEL affiche cette ambition de renouveau, la question des frais de dossier vient ternir l’image du processus de recrutement. Dans un marché de l’emploi déjà saturé et précaire, demander aux candidats de payer pour postuler à un poste interroge sur l’égalité des chances et l’équité d’accès aux opportunités professionnelles.
Des frais de dossier controversés
Sur le plan officiel, CAMTEL justifie cette somme comme un « frais d’étude des dossiers », à verser exclusivement sur le compte N° 06860 95427660038 96 logé à la BICEC. L’entreprise précise qu’aucun autre paiement n’est exigé. Pourtant, cette pratique soulève plusieurs interrogations :
- Pourquoi une entreprise publique impose-t-elle un coût d’entrée aux candidats, alors qu’elle devrait chercher à attirer les meilleurs talents ?
- À quoi sont réellement destinés ces fonds ?
- Existe-t-il un mécanisme de remboursement pour les candidats non retenus ?
Des postulants expriment leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une « taxe sur l’espoir ». « C’est déjà difficile de trouver un emploi, et en plus, on doit payer pour avoir une chance d’être simplement considéré ? », s’indigne un jeune diplômé en administration rencontré à Yaoundé.

Un frein à l’égalité des chances ?
Dans plusieurs pays, cette pratique est interdite ou strictement encadrée pour éviter les abus. Au Cameroun, elle reste tolérée, bien que de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un frein à l’insertion professionnelle des jeunes. Pour certains observateurs, ces frais pourraient être un moyen de limiter le nombre de candidatures ou de financer indirectement le fonctionnement administratif du recrutement.
Alors que la date limite de candidature est fixée au 7 mars 2025 à 15h30, les débats restent ouverts sur cette politique de frais de dossier. CAMTEL, qui ambitionne d’être un acteur clé de la transformation numérique du Cameroun, ne risque-t-elle pas de perdre des talents potentiels en imposant une telle barrière financière ? L’avenir nous le dira.































































