Depuis plusieurs jours, un vent de contestation souffle sur les réseaux sociaux et dans plusieurs villes du Cameroun. De nombreux citoyens ont décidé de boycotter l’opérateur de téléphonie mobile Orange Cameroun, accusé d’avoir arbitrairement refusé d’ouvrir un compte Orange Money au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti politique de l’opposant Maurice Kamto.
Un rejet administratif jugé injustifié
Dans un communiqué officiel publié le 21 mars 2025, Maurice Kamto a détaillé les péripéties rencontrées par son parti pour tenter d’obtenir un compte mobile destiné à la collecte de fonds en vue de la présidentielle d’octobre 2025. Malgré plusieurs tentatives et des dossiers complets déposés en décembre 2024 et janvier 2025, Orange Cameroun a systématiquement rejeté la demande du MRC, invoquant à chaque fois de nouveaux motifs.
Après un premier rejet sans explication, l’opérateur a successivement évoqué :
- La qualité jugée « floue » de la Carte Nationale d’Identité du représentant légal,
- L’absence d’un formulaire supplémentaire non demandé initialement,
- L’absence d’un Procès-Verbal confirmant l’élection de Maurice Kamto à la tête du MRC, exigence inédite et introduite après plusieurs semaines d’attente.
Malgré la transmission de tous les documents requis, le MRC n’a reçu aucune réponse favorable. La situation a poussé le parti à dénoncer une décision politique orchestrée pour limiter ses moyens de financement, en accusant Orange Cameroun de « servir les intérêts du régime en place ».

Un appel au boycott qui prend de l’ampleur
En réponse à ce qu’ils considèrent comme une discrimination politique, des militants et sympathisants du MRC ont lancé un appel au boycott massif d’Orange Cameroun. L’opérateur s’est vu accorder 48 heures pour revoir sa position, faute de quoi le mouvement s’intensifiera.
Les premières mesures annoncées sont :
- Ne pas utiliser les services Orange Money pendant deux heures,
- Éteindre les puces Orange temporairement,
- Éviter toute connexion via le réseau Orange.
Si la situation perdure, le boycott pourrait s’étendre à d’autres services, notamment Canal+, accusé lui aussi de collusion avec le pouvoir en place.
Un enjeu politique et économique
Ce bras de fer entre Orange Cameroun et le MRC dépasse le simple cadre administratif. Il met en lumière la place du secteur privé dans le jeu politique camerounais et soulève des interrogations sur la neutralité des grandes entreprises dans le processus démocratique. Orange Cameroun, leader du marché avec des millions d’abonnés, risque de subir des pertes économiques importantes si le boycott prend de l’ampleur.
Pour l’instant, l’opérateur n’a pas officiellement réagi aux accusations ni aux menaces de boycott. Les prochains jours seront déterminants quant à l’impact de cette mobilisation et la réaction d’Orange Cameroun face à cette pression citoyenne.
Affaire à suivre…






























































