Alors que la qualité des services télécoms continue de faire grincer des dents au Cameroun, Orange Cameroun tente de rassurer. L’opérateur a annoncé, lors des récentes concertations avec l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), un projet d’investissement de 60 milliards de FCFA pour l’année 2025. Une annonce qui survient dans un contexte de fortes critiques sur la dégradation du réseau, notamment dans plusieurs régions du pays.
Des promesses face à une QoS toujours fragile
Patrick Benon, Directeur Général d’Orange Cameroun, a reconnu que malgré les nombreuses actions entreprises depuis deux ans, les résultats restent insatisfaisants pour les clients. Entre coupures fréquentes, réseau instable, et pannes prolongées, le quotidien numérique de nombreux Camerounais reste un parcours du combattant.
Les justifications d’Orange n’ont pas tardé : coupures de fibre optique dans le Dja-et-Lobo (Sangmelima, Zoétélé), problèmes d’alimentation électrique à Yaoundé, ou encore vandalisme sur les infrastructures. Des explications qui peinent à convaincre, tant les dysfonctionnements deviennent chroniques.
Un plan d’investissement encore théorique
Le projet d’investissement dévoilé par Orange pour 2025 repose sur cinq piliers :
- 21 milliards FCFA pour améliorer la couverture, notamment en zones rurales ;
- 18 milliards pour renforcer la capacité du réseau ;
- 6 milliards pour la résilience des infrastructures ;
- 900 millions pour l’engagement communautaire ;
- Et 10 milliards FCFA pour le développement de plateformes digitales.
Mais pour l’heure, ce plan n’est qu’une intention. Sa mise en œuvre reste conditionnée à plusieurs facteurs, dont la sécurité des sites, les contraintes techniques et la coopération avec les opérateurs d’infrastructure. Autrement dit : les abonnés devront encore patienter.
Des résultats encore en deçà des attentes
Orange Cameroun revendique un taux de réalisation de 74 % de ses obligations de QoS à fin mars 2025, avec une promesse d’atteindre 97 % d’ici décembre. Mais dans les faits, les zones rurales et certaines parties urbaines restent mal desservies, voire totalement hors couverture.
Sur les axes pourtant prioritaires comme Douala-Yaoundé, Yaoundé-Bafoussam ou Douala-Bafoussam, les interruptions sont fréquentes et la qualité du signal reste aléatoire.

Les partenaires d’Orange à la rescousse
Pour améliorer cette situation, Orange s’appuie notamment sur Africa Mobile Networks (AMN) et Nuran Wireless, deux opérateurs d’infrastructures passives.
AMN prévoit de déployer 170 nouveaux sites en 2025, en mettant l’accent sur la sécurisation, la résistance climatique et le stockage énergétique. Mais là aussi, les promesses peinent à masquer les difficultés : vols, vandalisme, conditions climatiques extrêmes ont freiné le rythme des déploiements en 2024.
De son côté, Nuran Wireless, très actif dans le Grand Nord, prévoit d’atteindre 244 sites installés à fin juin 2025. Toutefois, l’accessibilité difficile des localités (parfois uniquement en pirogue ou à moto) et l’insécurité dans certaines régions comme le Nord-Ouest et le Sud-Ouest compliquent la tâche.
Et pendant ce temps, les utilisateurs trinquent
Les multiples plans, stratégies et tableaux de bord d’Orange Cameroun peinent encore à se traduire par une amélioration visible pour les usagers. Les coupures récurrentes, la lenteur de la 4G, l’instabilité du signal en plein centre-ville ou l’absence de couverture dans de nombreuses zones rurales continuent d’alimenter la frustration.

Le régulateur, par la voix de son DG Pr Philémon Zoo Zame, a d’ailleurs invité Orange à communiquer davantage sur ses activités, soulignant la nécessité de plus de transparence dans la gestion des télécoms au Cameroun.
Conclusion
À défaut de résultats concrets, les investissements annoncés par Orange ne sont pour l’instant qu’une promesse de plus dans un paysage télécom où les promesses n’ont jamais garanti la qualité. Les Camerounais, eux, attendent surtout une chose : un réseau qui fonctionne.































































