Une vidéo qui fait le buzz
Le 24 septembre 2025, une vidéo publiée sur la page Facebook de Roche le Mbamois a plongé les internautes camerounais dans l’incrédulité. On y voit une jeune fille accusée d’avoir “tué” sa mère pour de l’argent, confrontée à une proche, probablement sa tante.
La fille nie toute implication, mais admet avoir dit à une connaissance que sa mère était malade. La tante, choquée et indignée, lui ordonne de présenter des excuses dans tous les groupes WhatsApp où le faire-part de décès a été partagé. Tout cela se déroule sous le regard effaré et peiné de la “morte-vivante” et de sa petite-fille, victimes involontaires de ce canular.
La vidéo a généré plus de 3 300 likes, 1 100 commentaires et 243 partages, prouvant l’intérêt et la fascination des internautes pour ce phénomène digne d’un scénario de film.
Faire-part de décès ou escroquerie numérique ?
Le faire-part en ligne est remarquablement soigné : photos professionnelles, localisation, biographie, programme des obsèques, témoignages et dates (17 juillet 1977 – 18 août 2025). Tout laisse penser à une mise en scène réfléchie, possiblement orchestrée par la fille ou un proche.
Certains internautes pointent la motivation financière : au Cameroun, les contributions lors des deuils peuvent représenter une somme importante, et certains jeunes peuvent être tentés d’en profiter.
« Elle au moins, c’est sa mère. En 2020, une étudiante avait fait croire à sa mort du coronavirus… mais là, c’est l’argent qui motive le canular »,
rappelle un internaute,
Les règles du jeu : le cadre légal
La diffusion de cette vidéo et du faire-part peut constituer une atteinte à l’image selon le Code pénal camerounais :
- Article 300 : Diffuser l’image, le nom ou le pseudonyme d’une personne identifiable sans autorisation est puni par la loi.
- Article 305 : La diffamation, c’est-à-dire l’allégation d’un fait précis portant atteinte à l’honneur ou à la considération, est également sanctionnée.
« Ces actes ne sont pas de simples blagues. La loi est très claire : la diffamation et l’atteinte à l’image peuvent mener à des peines de prison. C’est un signal fort pour rappeler la responsabilité de chacun en ligne. »
Me Jean-Claude Balla, avocat spécialisé en cybercriminalité.
Les experts en cybersécurité rappellent que ces canulars peuvent entraîner des peines de prison ou de lourdes amendes, soulignant la gravité du phénomène de “parricide virtuel”.
Réseaux sociaux : un terrain miné
Cette affaire illustre les dangers des réseaux sociaux : quand la quête de likes et de gains financiers dépasse l’éthique, la réputation et la sécurité des individus sont en jeu.
Les canulars numériques peuvent avoir des conséquences réelles et graves : diffamation, atteinte à l’image, et même poursuites judiciaires. Pour les internautes, la règle est simple : vérifier avant de partager et réfléchir aux impacts de chaque clic.
Conclusion : jusqu’où irions-nous pour quelques likes ?
Le cas de Ginette Charlotte Beyem Moangoulou est un avertissement poignant : dans un monde hyperconnecté, où réalité et fiction se confondent, la quête de viralité peut détruire des vies. Jusqu’où sommes-nous prêts à compromettre l’éthique pour quelques likes et de l’argent facile ?
Pour aller plus loin :
- Cameroun – Affaire Nwafo Dagobert : La Toile Camerounaise en Ébullition face à l’Horreur
- Affaire Saint Désir Atango : Quelle réponse technologique face aux dérives numériques au Cameroun ?
- iPhone 14 Pro Max : Le cadeau empoisonné d’une lycéenne à Douala
- Cameroun : Fin de cavale pour un cyberescroc qui sévissait sur les réseaux sociaux
- Cybercriminalité au Cameroun : un faux DG d’Afriland First Bank tente d’exploiter les failles humaines du numérique
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