L’hôtel Djeuga Palace de Yaoundé a accueilli le 19 juin dernier un séminaire stratégique organisé par la Fédération des éditeurs de presse écrite du Cameroun (Fedipresse), destiné à redéfinir l’avenir de la presse écrite à travers l’adoption des technologies numériques. Sous le thème « Les nouveaux paradigmes de la presse écrite », cet événement crucial a rassemblé des experts, des décideurs et des acteurs de la presse pour explorer les opportunités offertes par le numérique.
Ce séminaire survient sept ans après que Fedipresse ait déjà alerté le Gouvernement sur les défis majeurs auxquels faisait face la presse écrite privée au Cameroun. La fédération pointait alors du doigt un marasme économique persistant, marqué par la non-viabilité des entreprises de presse, des pertes d’emplois importantes, la prolifération de la presse à gages et une liberté de la presse en péril.
Un secteur en crise accentuée par la pandémie
Depuis, la situation s’est encore aggravée avec la dégradation continue et l’augmentation des coûts des intrants de fabrication, la baisse des tirages et des ventes, et une fuite des talents vers d’autres secteurs. La crise de la COVID-19, débutée en 2019, a notamment amplifié ces difficultés en soulignant la dépendance de la presse écrite camerounaise au format papier, accentuant ainsi la nécessité d’une transition vers le numérique.
L’urgence de l’adaptation numérique
« Nos journaux, en tout cas la plupart d’entre eux, n’ont pas été préparés à l’entrée dans le nouvel écosystème économique de la presse écrite. Peut-être certains ont-ils conscience de leurs difficultés, mais ignorent les causes fondamentales qui les déterminent. Les enjeux de transition vers le numérique ne sont pas que prégnants dans la presse écrite privée, ils sont devenus des impératifs catégoriques. L’heure de l’Aggiornamento a sonné », a déclaré un porte-parole de Fedipresse.
Pour remédier à cette situation, Fedipresse a lancé depuis deux ans une initiative visant à revitaliser la presse écrite privée par une migration vers le numérique. Le séminaire d’hier ayant pour objectif d’armer les éditeurs pour conquérir le marché numérique en produisant des contenus adaptés à cet environnement.
Des interventions d’experts pour guider la transition
Plusieurs experts ont été invités à partager leurs connaissances et leurs expériences lors de ce séminaire. Le professeur Félix Zogo, secrétaire général du ministère de la Communication (MINCOM) et enseignant à l’université de Yaoundé I, ouvrira le séminaire avec une leçon inaugurale sur l’avenir de la presse écrite. Cette intervention mettra en perspective les enjeux et les opportunités pour le secteur.
Le Pr Nta à Bitang, directeur adjoint de l’École supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication, dressera quant à un état des lieux des contraintes et des défis de la presse écrite camerounaise. Il abordera également les stratégies pour surmonter ces obstacles.

Le directeur de publication de Digital Business Africa et directeur général du Cabinet ICT Media Strategies, Beaugas Orain Djoyum, analysera ensuite l’impact de la migration numérique sur la création et la distribution des contenus médiatiques. Il mettra en avant la diversification des contenus avec les nouvelles tendances telles que la vidéo en ligne, les podcasts et les médias sociaux, tout en abordant les nouvelles contraintes de collecte et de traitement de l’information.
Enfin, Melvin Akam, journaliste et directeur des Relations institutionnelles à MTN Cameroon, examinera les implications de la migration numérique sur l’organisation des entreprises de presse, en se focalisant sur les nouvelles dynamiques organisationnelles et les structures nécessaires pour une transition réussie.
Vers une digitalisation complète de la presse écrite
Au terme de ce séminaire, les éditeurs de presse sont encouragés à développer des stratégies et des outils pour accélérer la digitalisation complète de la presse écrite au Cameroun. Fedipresse a déjà initié cette transition en fournissant des équipements numériques et une connectivité accrue aux médias locaux.
En conclusion, ce séminaire marque une étape cruciale pour la presse écrite camerounaise, appelant à une transformation profonde et durable grâce au numérique. L’adoption des technologies modernes apparaît non seulement comme une opportunité mais comme une nécessité impérieuse pour assurer la survie et la prospérité de ce secteur vital pour la démocratie et l’information au Cameroun.































































