Le secteur des télécommunications au Cameroun connaît une transformation rapide, marquée par l’évolution des technologies et l’adaptation aux nouveaux modes de communication. Toutefois, cette révolution digitale n’est pas sans conséquences sur certains services traditionnels, notamment le téléphone fixe, dont l’usage ne cesse de diminuer au fil des années. Dans une récente prise de position, le patronat camerounais, via le Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM), a exprimé de vives inquiétudes quant à la disparition progressive de ce service pourtant essentiel.
Un service en déclin
Le téléphone fixe, autrefois pilier des communications, semble de plus en plus relégué au second plan au Cameroun. Cette tendance s’explique principalement par l’essor fulgurant des téléphones mobiles et des technologies d’Internet haut débit, qui offrent des solutions de communication plus flexibles et abordables pour les usagers. Selon les statistiques de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), la pénétration du téléphone fixe est passée de 3,1% en 2013 à moins de 1% en 2023. Les utilisateurs de téléphones mobiles sont désormais au centre de la scène, reléguant l’ancienne technologie à une quasi-obsolescence.
Des inquiétudes pour l’économie et les entreprises
Le GICAM, représentant les acteurs du secteur privé au Cameroun, a récemment exprimé son inquiétude face à cette tendance lors d’un forum consacré à l’état des télécommunications. Selon cette organisation, la disparition du téléphone fixe pourrait avoir des répercussions économiques importantes, en particulier pour les entreprises. En effet, plusieurs secteurs dépendent encore de ce service pour des besoins spécifiques, tels que les communications à haute sécurité ou les échanges dans des zones rurales mal desservies par les réseaux mobiles.
Le patronat craint également que l’absence de solutions alternatives fiables dans certaines régions n’aggrave la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales. « La disparition du téléphone fixe pourrait accentuer l’isolement de certaines zones, déjà peu connectées aux réseaux mobiles et Internet », prévient un rapport du GICAM.
CAMTEL à la croisée des chemins
L’opérateur historique CAMTEL, principal fournisseur de services de téléphonie fixe au Cameroun, se trouve au cœur de cette problématique. Confronté à la baisse de la demande pour ses services fixes, l’entreprise tente de diversifier son offre, notamment à travers le développement de services Internet et la modernisation de son infrastructure. Néanmoins, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, et la baisse continue du nombre d’abonnés menace la viabilité de ce segment.
Pour le GICAM, il est essentiel que le gouvernement camerounais et les régulateurs du secteur prennent des mesures urgentes pour encourager l’utilisation des services fixes, notamment en proposant des subventions ou des réductions pour les entreprises qui continuent à les utiliser. Il est aussi suggéré que des investissements massifs soient réalisés pour améliorer la qualité et l’accessibilité des lignes fixes, en particulier dans les zones rurales et semi-urbaines.
Les nouvelles perspectives pour le secteur
Bien que le téléphone fixe soit en déclin, des pistes de solutions existent pour redynamiser ce secteur. Parmi elles, le GICAM propose de renforcer la convergence entre les technologies fixes et mobiles, en favorisant des solutions hybrides, qui permettraient aux entreprises et aux particuliers de bénéficier du meilleur des deux mondes. L’adoption des technologies VoIP (voix sur IP) pourrait également offrir une alternative moderne et efficace au téléphone fixe classique, tout en tirant parti des infrastructures existantes.
Cependant, pour que ces initiatives soient couronnées de succès, il est impératif que l’État camerounais, via l’ART, mette en place des politiques incitatives. Le soutien à la modernisation de l’infrastructure téléphonique et la révision de la réglementation pour faciliter l’adoption de nouvelles technologies sont des étapes cruciales dans cette transition.
Conclusion
La disparition progressive du téléphone fixe au Cameroun est un signal d’alarme pour le secteur des télécommunications et pour l’économie en général. Si la révolution numérique apporte indéniablement de nouveaux avantages, elle ne doit pas se faire au détriment des services qui restent essentiels pour certains utilisateurs, en particulier dans les zones rurales et pour les entreprises. Face à cette situation, le GICAM appelle à une prise de conscience collective et à des actions concrètes pour garantir que l’ensemble du pays puisse bénéficier des avancées technologiques sans pour autant sacrifier des services de base comme le téléphone fixe.
En somme, l’avenir du téléphone fixe au Cameroun reste incertain, mais des solutions existent pour éviter sa disparition totale. Il s’agit désormais de mettre en place des stratégies adaptées pour répondre aux besoins de l’ensemble des acteurs du secteur et des usagers.































































