Alors que l’intelligence artificielle (IA) redessine les contours du monde numérique, le Cameroun affirme sa volonté de ne pas rester en marge de cette révolution technologique. Lors d’une conférence internationale organisée par la chaire UNESCO ACCES-TIC à l’Institut Africain d’Informatique (IAI) de Yaoundé – Nkolanga, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a lancé un appel fort : développer une IA africaine, ancrée dans les réalités locales, éthique et souveraine. Cette vision stratégique vise à faire de l’IA un levier majeur de développement durable sur le continent.
Une conférence d’envergure au cœur de Yaoundé
L’événement, qui portait sur le thème « Intelligence Artificielle et développement durable en Afrique », a rassemblé des experts, chercheurs, étudiants et acteurs du numérique, ainsi que des personnalités internationales comme le ministre tchadien des Télécommunications, Dr Boukar Michel. L’accent a été mis sur les secteurs cruciaux de l’agriculture, de la santé et de l’éducation, où l’IA peut avoir un impact transformateur.
Une IA contextualisée et souveraine : le message clé
Dans son intervention, Minette Libom Li Likeng a souligné la nécessité d’une gouvernance anticipative de l’IA. « Il ne suffit pas de consommer des technologies développées ailleurs, il faut les repenser à partir de nos réalités, priorités, langues, cultures et défis socio-économiques », a-t-elle insisté. Pour elle, une IA véritablement africaine doit refléter les besoins et valeurs du continent, au lieu de se limiter à une simple adoption de modèles étrangers.
Des données africaines pour une IA pertinente
Un des points essentiels de son discours a porté sur l’origine des données utilisées pour entraîner les systèmes d’IA. La ministre a alerté contre la dépendance aux bases de données occidentales, souvent biaisées et peu adaptées au contexte africain. L’absence de jeux de données représentatifs risque de perpétuer des inégalités et de fausser les résultats. C’est pourquoi elle encourage la collecte structurée de données locales, la sensibilisation des populations à leur importance, ainsi qu’un cadre juridique strict pour garantir leur usage éthique et fiable.
Une coopération panafricaine renforcée
Minette Libom Li Likeng appelle également à une unité africaine face à l’IA. L’Afrique doit cesser d’être un terrain d’expérimentation technologique passif et devenir un acteur souverain capable de définir ses propres normes et priorités. Cette vision s’aligne avec des initiatives panafricaines comme le Partenariat pour une IA inclusive ou l’Alliance Africaine pour l’Intelligence Artificielle, qui militent pour une IA éthique, inclusive et ancrée localement.
Mobilisation de la jeunesse tech camerounaise
La ministre a enfin lancé un message d’encouragement à la jeunesse camerounaise, notamment aux développeurs, ingénieurs et data scientists. Le gouvernement s’engage à créer un environnement favorable à l’innovation locale, à travers des programmes de formation, des incubateurs spécialisés et une régulation adaptée, afin de soutenir pleinement la révolution IA au Cameroun.
KAMERANDROID soutient une IA à visage africain
Chez KAMERANDROID, nous saluons cette prise de position claire et essentielle. L’avenir de la tech africaine repose sur la réappropriation de nos outils numériques, avec une IA qui parle nos langues, comprend nos contextes et répond à nos défis spécifiques. Alors que les grandes puissances accélèrent dans la course à l’intelligence artificielle générative, le Cameroun et l’Afrique ont tout intérêt à tracer leur propre voie, éthique, souveraine et inclusive.





























































