Après plusieurs semaines de tensions et un appel au boycott massif, Orange Cameroun a finalement ouvert un compte Orange Money au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto. Cette volte-face, survenue le 22 mars 2025, met un terme à un affrontement qui a enflammé l’opinion publique et relancé le débat sur l’accès aux services financiers pour les acteurs politiques de l’opposition.
Un refus prolongé et contesté
Tout commence en décembre 2024, lorsque le MRC entame les démarches pour obtenir un compte marchand Orange Money, indispensable pour la collecte de fonds en vue de la présidentielle d’octobre 2025. À la surprise générale, la demande est rejetée sans explication. Une nouvelle tentative, initiée le 14 janvier 2025, se heurte à une série d’exigences administratives jugées « arbitraires » par le parti de Maurice Kamto.
Orange Cameroun invoque d’abord des documents « flous », réclame ensuite une fiche supplémentaire non mentionnée initialement, avant de motiver un deuxième rejet, le 6 mars, par l’absence du procès-verbal confirmant l’élection de Maurice Kamto à la tête du MRC en 2023. Malgré la transmission de ce document dès le 11 mars et plusieurs relances, l’opérateur ne donne aucune suite.
Face à cette impasse, Maurice Kamto prend la parole le 21 mars sur sa page Facebook et dénonce ce qu’il considère comme un traitement discriminatoire. Il accuse Orange Cameroun de se plier aux injonctions du régime en place, affirmant que certaines multinationales se comportent comme des « suppôts de la dictature » en refusant des services à des Camerounais dans leur propre pays.

Un boycott numérique et économique efficace
Le lendemain, Mamadou Mota, vice-président du MRC, appelle au boycott d’Orange Cameroun. Il incite militants et sympathisants à suspendre leurs abonnements et à éviter les transactions via Orange Money. La menace d’une extension du boycott à d’autres entreprises, comme Canal+, renforce la pression.
Très vite, la mobilisation prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux, où le hashtag #BoycottOrangeCameroun se répand. Redoutant une crise d’image et des pertes financières conséquentes, l’opérateur cède en moins de 48 heures. Le 22 mars, Mamadou Mota annonce sur sa page Facebook que « tout est rentré dans l’ordre ».
Des excuses attendues
Si le MRC a obtenu gain de cause, ses cadres ne comptent pas en rester là. Mamadou Mota exige désormais des excuses publiques d’Orange Cameroun et une explication officielle sur les raisons du refus initial.
« Orange doit s’expliquer. Quelle décision de justice lui ordonne de traiter un parti légalisé comme un paria ? », interroge-t-il.
Cette affaire met en lumière les tensions entre le pouvoir et l’opposition, mais pose aussi la question de l’équité dans l’accès aux services financiers. Orange Cameroun, acteur incontournable du mobile money, sort fragilisé de cet épisode, qui démontre la puissance d’un boycott organisé à l’ère du numérique.






























































