La dynamique de l’inclusion numérique en Afrique s’intensifie avec une nouvelle alliance majeure. Dans la lignée d’initiatives visant à connecter les populations et les entreprises des zones les plus reculées, Airtel Africa a annoncé ce lundi un partenariat stratégique avec Starlink, le service d’Internet par satellite de SpaceX. Cet accord historique vise à déployer des services Internet haut débit par satellite sur les marchés africains où opère Airtel, ciblant prioritairement les régions rurales et sous-desservies.
Ce partenariat s’inscrit dans une effervescence récente dans le secteur des télécoms africains, marqué notamment par l’alliance annoncée le 4 avril 2025 entre Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA) et Eutelsat pour l’accès à internet par satellite sur le continent. La course à la connectivité en Afrique est clairement lancée, avec des bénéfices potentiels significatifs pour les consommateurs et le développement local.
Une Collaboration Stratégique pour Combler la Fracture Numérique
L’objectif principal de la collaboration entre Airtel Africa et Starlink est de fournir un accès fiable à l’internet là où les infrastructures terrestres traditionnelles (fibre, câble) sont limitées ou inexistantes. L’entreprise a précisé que ce partenariat visait à améliorer la connectivité non seulement pour les particuliers, mais aussi pour des entités cruciales comme les entreprises, les écoles et les centres de santé dans les zones rurales d’Afrique.
Sunil Taldar, directeur général d’Airtel Africa, a souligné l’importance de cette étape : « Cette collaboration avec SpaceX est une étape significative démontrant notre engagement continu à faire progresser l’économie numérique de l’Afrique grâce à des investissements et des partenariats stratégiques. La connectivité satellite de nouvelle génération garantira que chaque individu, entreprise et communauté dispose d’une connectivité vocale et de données fiable et abordable, même dans les régions les plus reculées et actuellement mal desservies d’Afrique. »
Déploiement de Starlink sur les Marchés d’Airtel Africa
Au 7 mai 2025, Starlink, le service Internet par satellite de SpaceX, était autorisé dans 20 pays à travers le monde. Pour ce qui est de l’Afrique, sur les 14 pays où Airtel Africa est implanté, neuf pays disposent déjà des licences nécessaires pour que Starlink puisse opérer :
- Nigeria
- Kenya
- Tchad
- Zambie
- Malawi
- Niger
- Rwanda
- Madagascar
- République Démocratique du Congo (RDC)
Dans les cinq autres pays de présence d’Airtel Africa, les demandes de licences sont actuellement en cours d’examen par les autorités locales, ouvrant la voie à une expansion future.
Chad Gibbs, vice-président des opérations commerciales de Starlink chez SpaceX, s’est félicité de l’accord : « Nous sommes très enthousiastes à l’idée de travailler avec Airtel Africa pour apporter les avantages transformateurs de Starlink aux populations africaines de manière nouvelle et innovante. Starlink est disponible dans plus de 20 marchés africains, et cet accord avec Airtel souligne comment, une fois licencié, Starlink accueille favorablement l’opportunité de s’associer à des leaders industriels importants pour garantir que le plus grand nombre possible de personnes puissent bénéficier de la présence de Starlink. »
Le Cameroun, un Absent Noté de l’Avancée Starlink
Malgré cette dynamique positive d’expansion de l’Internet par satellite sur le continent, et alors même que plusieurs pays voisins bénéficient ou sont en passe de bénéficier de la technologie Starlink, le Cameroun se distingue par son absence notable de cette liste. Pour un pays d’une taille et d’une population importantes, où les besoins en connectivité haut débit dans les zones rurales sont considérables, l’impossibilité d’accéder officiellement à ce service représente un revers pour l’inclusion numérique.
Cette situation trouve sa source dans des défis liés à la régulation camerounaise. L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) du Cameroun a notamment indiqué par le passé que l’offre de services Starlink n’était pas autorisée sur le territoire national. Les raisons évoquées tournent souvent autour du non-respect des procédures de demande de licence en vigueur et d’une non-conformité présumée à la réglementation locale régissant les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à internet. Cette position réglementaire stricte, bien que visant à protéger le cadre légal existant, a pour conséquence directe de priver le pays et ses habitants d’une option de connectivité de pointe potentiellement transformatrice pour les zones les plus isolées.

Le Backhauling Cellulaire par Satellite, un Atout Majeur
Au-delà de la connectivité directe pour les utilisateurs finaux, Airtel Africa explore également l’utilisation de Starlink pour améliorer le backhauling cellulaire. Le backhaul désigne la liaison de transmission entre une antenne-relais et le cœur de réseau de l’opérateur.
Traditionnellement assuré par fibre optique, faisceau hertzien, ou câbles cuivre, le backhauling par satellite devient une solution de choix pour connecter économiquement les sites mobiles situés dans des zones isolées où l’installation d’infrastructures terrestres est complexe et coûteuse. L’utilisation de Starlink pour le backhauling permettra à Airtel d’étendre la portée de son réseau mobile, offrant une meilleure couverture vocale et données dans les régions rurales.
Une Tendance Continentale vers la Connectivité Spatiale
Le partenariat entre Airtel Africa et Starlink n’est qu’un exemple de la manière dont les opérateurs africains se tournent vers l’espace pour renforcer leurs réseaux. Outre l’accord Orange-Eutelsat, d’autres initiatives notables ont vu le jour :
- Le 27 mars 2025, MTN en Afrique du Sud et Lynk Global ont réalisé le tout premier test d’appel mobile direct via satellite sur le continent.
- Vodafone et Safaricom explorent également des partenariats similaires pour permettre une connexion directe entre les appareils mobiles et les satellites.
Ces développements simultanés confirment que l’internet par satellite est devenu une technologie clé dans la stratégie d’inclusion numérique de l’Afrique, ouvrant des perspectives nouvelles pour le développement économique, éducatif et social sur tout le continent en apportant le haut débit là où il est le plus nécessaire, malgré les obstacles réglementaires rencontrés dans certains pays comme le Cameroun.































































