Douala, 23 mai 2025 – L’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) du Cameroun a lancé un audit technique d’envergure sur le réseau national de fibre optique, pour un coût estimé à 350 millions de francs CFA. L’objectif est clair : évaluer l’état de l’infrastructure exploitée par Cameroon Telecommunications (Camtel), opérateur historique et concessionnaire exclusif de cette dorsale stratégique.
Une initiative stratégique dans un climat de tension sectorielle
Cette démarche intervient alors que les critiques sur la qualité des services télécoms au Cameroun ne cessent de croître. Les opérateurs privés comme MTN Cameroon et Orange Cameroun accusent régulièrement Camtel d’être à l’origine de perturbations techniques, rendant la gestion du backbone national hautement sensible.
Philémon Zo’o Zame, directeur général de l’ART Cameroun, a précisé que trois groupements spécialisés sont en lice pour réaliser cette mission d’audit :
- Telecam / Tactis,
- HLB ACP Central Africa,
- Telec.
Le but est de disposer d’un diagnostic indépendant, appuyé par des données techniques vérifiables, afin d’orienter la régulation à venir.
Un réseau déjà audité et critiqué en 2024
Ce n’est pas le premier audit de cette envergure. En septembre 2024, un rapport antérieur avait déjà mis en évidence une dégradation progressive des équipements du réseau de fibre optique au Cameroun. Parmi les faiblesses relevées :
- une insuffisance énergétique pour les sites techniques,
- des difficultés logistiques concernant l’approvisionnement en carburant,
- des ruptures fréquentes de câbles de fibre optique.
En réponse, Camtel avait insisté sur sa responsabilité en tant que garant de la souveraineté numérique du Cameroun, assurant œuvrer pour une modernisation continue.
Camtel défend son rôle de pilier stratégique
Malgré les critiques, Camtel rappelle son rôle central : acheminer les données critiques de l’État, des banques, des institutions et des opérateurs eux-mêmes. L’entreprise affirme avoir entamé un plan de redondance du réseau, doublé d’investissements dans la sécurisation de ses artères optiques et dans l’optimisation énergétique de ses installations.
📌 Quels sont les enjeux de l’audit ?
- Améliorer la qualité de l’Internet au Cameroun
Identifier les causes des coupures et lenteurs pour optimiser le réseau national. - Clarifier les responsabilités entre opérateurs
Établir un diagnostic neutre face aux tensions entre Camtel, MTN et Orange. - Renforcer la régulation des infrastructures partagées
Garantir un accès équitable et une gestion transparente pour tous les opérateurs.
Vers une régulation renforcée et plus équitable
Avec cet audit, l’ART Cameroun entend poser les bases d’une régulation modernisée des infrastructures partagées. Il s’agira notamment de :
- garantir un accès équitable à la capacité de transmission pour tous les opérateurs,
- assurer la transparence technique dans la gestion de la fibre optique,
- et proposer des réformes structurelles, voire contractuelles.
Les résultats attendus pourraient ainsi déboucher sur de nouvelles obligations imposées à Camtel ou une révision des mécanismes d’interconnexion.
Des attentes fortes des consommateurs et du secteur
Les consommateurs camerounais attendent du régulateur des résultats concrets. Les pannes récurrentes, les interruptions de service ou la latence élevée ne sont plus tolérées dans un pays qui cherche à accélérer sa transformation numérique.
Ce nouvel audit est donc perçu comme une occasion cruciale pour restaurer la confiance, fluidifier les relations inter-opérateurs et améliorer la qualité du service Internet au Cameroun.































































