À moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, Elections Cameroon (ELECAM) a réactivé sa plateforme officielle de consultation du fichier électoral provisoire, accessible à l’adresse https://file.elecam.cm/. Ce service numérique, resté inaccessible pendant plusieurs mois, permet désormais aux électeurs camerounais de vérifier en ligne leur inscription sur les listes électorales, une étape essentielle pour sécuriser leur droit de vote.
Cette longue indisponibilité, constatée et signalée par KAMERANDROID depuis le début de l’année, avait soulevé de vives inquiétudes quant à la gestion et à la fiabilité du fichier électoral. La remise en ligne répond ainsi à une demande de transparence forte dans un contexte électoral marqué par la convocation officielle du corps électoral le 11 juillet 2025.
Un fichier électoral consolidé : plus de 8 millions d’électeurs inscrits
Le fichier désormais consultable regroupe au total 8 219 210 électeurs, couvrant les inscriptions enregistrées entre 2012 et 2024. Parmi eux, près de 373 588 nouveaux inscrits ont été enrôlés au cours des six premiers mois de l’année 2025. Cette base, régulièrement mise à jour par les antennes locales d’ELECAM sur tout le territoire national ainsi que dans la diaspora, constitue la référence officielle pour la présidentielle à venir.
Fonctionnement simplifié, mais consultation limitée
La plateforme offre deux modes sécurisés pour vérifier son inscription :
- Par numéro d’inscription, tel que figurant sur le récépissé d’enrôlement.
- Par saisie des informations personnelles : nom, prénoms, date et lieu de naissance, nom de la mère.
Cependant, l’accès au fichier est strictement individuel. Il n’est pas possible de consulter l’ensemble du fichier électoral dans son intégralité, une mesure présentée par ELECAM comme nécessaire pour protéger les données personnelles et limiter les risques cybernétiques.
Limites techniques et enjeux d’accessibilité
Malgré sa fonctionnalité, la plateforme présente plusieurs défis :
- Optimisation mobile insuffisante : sur de nombreux smartphones Android bas de gamme, l’expérience utilisateur est dégradée, rendant la consultation moins intuitive.
- Absence d’alternatives par SMS (USSD) ou messagerie instantanée : un manque important dans un pays où l’accès à Internet mobile reste inégal.
- Exigence de saisie précise : une faute de frappe dans les données personnelles peut empêcher la recherche, pénalisant notamment les utilisateurs peu familiers avec les outils numériques ou à faible alphabétisation.
Témoignage d’un électeur
Un étudiant basé à Yaoundé rapporte : « J’ai découvert une erreur dans l’orthographe de mon nom ainsi qu’une date de naissance incorrecte. La plateforme m’a permis de repérer cette anomalie et de lancer la procédure de correction avant la clôture du fichier. »
Ce témoignage souligne la valeur de cet outil pour limiter les irrégularités susceptibles d’impacter la participation électorale.
Transparence vs sécurité : un équilibre complexe
L’accès limité au fichier provoque des critiques. Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile réclament un accès complet au fichier pour détecter d’éventuelles irrégularités, telles que doublons ou inscriptions frauduleuses.
ELECAM défend sa position en invoquant des risques élevés de cyberattaques et le respect des données personnelles, argument qui souligne les défis technologiques dans la sécurisation du processus électoral.

Recours en cas d’erreur : ce qu’il faut savoir
En cas de constat d’erreur, le Code électoral camerounais prévoit un droit de recours dans un délai de 10 jours suivant la publication du fichier.
Procédure :
- Déposer une requête auprès du tribunal de première instance du lieu d’inscription.
- Fournir une pièce d’identité, le récépissé d’inscription et une preuve de l’erreur constatée.
- Bénéficier d’un accompagnement possible auprès des antennes ELECAM ou d’organisations d’observation électorale.
Appel à la vigilance citoyenne
Des personnalités politiques comme Cabral Libii (PCRN) insistent sur la nécessité pour chaque électeur de vérifier son inscription en temps utile, afin d’éviter qu’une omission ou une erreur non corrigée ne prive un citoyen de son droit de vote.
Conclusion
La réactivation de la plateforme ELECAM constitue une étape clé vers la sécurisation du scrutin présidentiel au Cameroun. Malgré des limites techniques et d’accessibilité, cet outil numérique est un levier important pour garantir la participation électorale. La responsabilité individuelle demeure toutefois centrale : consulter son inscription et, le cas échéant, engager une démarche corrective est indispensable pour éviter que des erreurs administratives ne compromettent un droit fondamental.
KAMERANDROID poursuivra son suivi des évolutions techniques et démocratiques autour de ce processus électoral déterminant.
































































