Le Cameroun a probablement amorcé l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle (IA), un projet ambitieux visant à placer le pays au cœur de la révolution numérique en Afrique. Cette annonce a été faite par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, lors des consultations nationales sur la feuille de route 2025 du secteur des postes, télécommunications et TIC.
Un levier pour la Vision 2035
Cette stratégie s’inscrit dans les objectifs fixés par la Stratégie nationale de développement (SND30) et la « Vision 2035 », qui ambitionnent de faire du Cameroun un pays émergent. Les priorités identifiées incluent le développement des infrastructures numériques, la formation des talents locaux et l’adaptation des cadres réglementaires pour accompagner les technologies innovantes.
Des recommandations issues des Concertations nationales
Lors des Concertations nationales sur l’intelligence artificielle (Conia 2024), organisées en juin dernier à Yaoundé, plusieurs recommandations avaient été émises pour guider le Cameroun dans sa transition numérique. Parmi celles-ci figuraient :
- La création d’un organe national de coordination pour l’IA,
- Une collaboration s’accumule avec des géants technologiques tels que Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM),
- La révision des textes juridiques afin d’intégrer les spécificités des nouvelles technologies.
Ces orientations témoignent d’une volonté d’anticiper les exigences réglementaires et de s’appuyer sur des partenariats stratégiques pour renforcer l’expertise locale.
Des secteurs clés en ligne de mire
La stratégie camerounaise mettra l’accent sur des domaines prioritaires tels que la santé, l’éducation, l’agriculture et la gouvernance. L’intelligence artificielle pourrait, par exemple, être utilisée pour améliorer les diagnostics médicaux, optimiser les rendements agricoles ou encore moderniser les services administratifs.

Parallèlement, le gouvernement s’engage à garantir une utilisation éthique et responsable de l’IA, en tenant compte des enjeux liés à la cybersécurité et à la protection des données personnelles.
Un positionnement stratégique en Afrique
Avec cette initiative, le Cameroun suit la voie tracée par des pays africains comme le Sénégal, le Nigeria ou encore le Bénin, qui ont déjà adopté des politiques similaires. L’objectif est clair : stimuler l’innovation, attirer les investissements étrangers et maximiser les bénéfices de l’IA pour les populations.
En s’inscrivant dans cette dynamique, le Cameroun cherche à devenir un acteur clé de la révolution numérique sur le continent et à exploiter les opportunités offertes par l’intelligence artificielle pour accompagner sa transformation économique et sociale.































































