Depuis quelques jours, un spécimen de la nouvelle Carte Nationale d’Identité (CNI) camerounaise circule sur les réseaux sociaux, suscitant curiosité et interrogations. Annoncée comme plus sécurisée et plus rapide à obtenir, cette nouvelle carte marque un tournant dans la modernisation du système d’identification au Cameroun. Mais entre un coût revu à la hausse, des promesses d’efficacité et des doutes persistants, les avis divergent sur cette réforme attendue depuis des années.
Une carte modernisée pour lutter contre la fraude
Le gouvernement camerounais, par le biais de la Délégation Générale à la Sécurité Nationale (DGSN), a engagé une refonte du système de délivrance des CNI afin de renforcer la sécurité et d’accélérer le processus d’obtention. La nouvelle carte, qui remplace l’ancienne version souvent critiquée pour ses délais de production interminables, promet d’intégrer des innovations technologiques de pointe.
D’après les informations officielles de la DGSN, cette CNI sera fabriquée en polycarbonate, un matériau reconnu pour sa résistance et sa durabilité. Elle comportera également une puce électronique contenant des données biométriques, notamment les empreintes digitales et la photographie du titulaire. Une gravure laser haute définition du portrait et des éléments de sécurité invisibles à l’œil nu devraient, selon les autorités, rendre toute falsification quasiment impossible.
Une fuite qui interroge sur le calendrier de lancement
La publication de ce spécimen sur les réseaux sociaux a surpris de nombreux Camerounais, certains s’interrogeant sur l’origine de cette fuite. Officiellement, le gouvernement n’a pas encore annoncé de date précise pour le début de la délivrance des nouvelles CNI. Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que le processus serait en phase finale et que le lancement pourrait intervenir dans les prochains mois.
La DGSN a réagi face à cette situation, appelant à la prudence face aux informations circulant sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué, elle a précisé que «la diffusion non autorisée de documents administratifs en cours de validation peut induire en erreur la population». Elle invite les citoyens à ne se fier qu’aux annonces officielles.
Un coût revu à la hausse et une validité prolongée
L’un des changements majeurs concerne le coût de cette nouvelle carte. Alors que l’ancienne CNI était délivrée à 2 800 francs CFA, la nouvelle version coûtera 10 000 francs CFA. En contrepartie, sa durée de validité passe de 10 à 15 ans, ce qui, selon la DGSN, compense largement cette tarification.

Mais sur les réseaux sociaux, certains citoyens expriment déjà leur mécontentement. «Pourquoi payer pour un droit fondamental ?», s’indigne Jean-Pierre, un habitant de Douala. D’autres, en revanche, estiment que cette modernisation était nécessaire. «Si cela peut éviter les longues attentes et les fausses cartes, alors pourquoi pas», relativise Sandrine, une commerçante de Yaoundé.
Des promesses d’amélioration du service
L’autre grande nouveauté concerne les délais de délivrance. La DGSN affirme avoir mis en place des centres autonomes de production à Yaoundé, Douala et Garoua, ainsi que des postes d’identification dans plusieurs régions du pays. L’objectif affiché est ambitieux : une carte délivrée en 48 heures seulement après l’enrôlement.
Toutefois, cette promesse suscite des doutes, notamment au regard des dysfonctionnements passés. Depuis plusieurs années, de nombreux Camerounais attendent leur carte pendant des mois, voire des années, se contentant du récépissé de demande comme seul document d’identité. «Tant que je n’aurai pas ma carte en main en 48 heures, je ne croirai pas à cette promesse», ironise Patrick, un jeune cadre de Bafoussam.
Vers une généralisation progressive ?
Si la nouvelle CNI semble bien partie pour être déployée prochainement, la question de la transition entre l’ancienne et la nouvelle version reste en suspens. Devra-t-on obligatoirement renouveler sa carte actuelle ? Les anciennes CNI seront-elles encore valables pendant une période transitoire ?
Sur ce point, la DGSN a indiqué que «les anciennes cartes resteront valables jusqu’à leur expiration, et le renouvellement se fera progressivement».
D’ici là, la publication du spécimen sur les réseaux sociaux a au moins eu un effet : éveiller la curiosité des Camerounais sur cette réforme majeure. Reste à voir si les promesses seront tenues.































































