Le Cameroun a participé au Sommet mondial du numérique, tenu les 18 et 19 mars 2025 au siège de la Banque mondiale à Washington. Cet événement, placé sous le thème « Voies numériques pour tous », visait à définir des stratégies pour une transformation digitale inclusive à l’échelle mondiale. Pourtant, malgré les discours officiels vantant les avancées technologiques du pays, plusieurs décisions politiques viennent contredire cette ambition d’inclusion.
Une présentation flatteuse des progrès numériques
La ministre camerounaise des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, qui a mené la délégation nationale, a mis en avant les efforts du gouvernement en matière d’infrastructure numérique et d’innovation. Cependant, la réalité sur le terrain est plus contrastée. Le rejet des opérateurs tels que Starlink, qui auraient pu offrir une connectivité satellite accessible dans les zones rurales enclavées, soulève des interrogations sur la volonté réelle d’assurer un accès équitable à Internet.
Selon le dernier rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Cameroun occupe la troisième place au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) en matière de développement des TIC. Toutefois, cette position masque des inégalités criantes : de larges pans de la population restent sans accès à une connexion stable et abordable, tandis que le coût de l’Internet demeure élevé par rapport aux revenus moyens.
L’innovation locale face à des défis de concrétisation
Par ailleurs, si le Cameroon International Tech Summit a mis en avant l’innovation locale, il reste à voir si ces initiatives auront un impact concret sur le développement du numérique en dehors des centres urbains. Les gagnants du hackathon national, bien que récompensés, doivent encore faire face à des obstacles majeurs pour concrétiser leurs projets, notamment le manque de financement et l’absence de mesures incitatives claires pour les start-ups technologiques.
Le Cameroun affiche une volonté de s’inscrire dans la révolution numérique, mais les blocages réglementaires et l’exclusion d’acteurs pouvant favoriser une véritable démocratisation de l’accès à Internet posent question. L’enjeu pour le gouvernement n’est plus seulement d’afficher des ambitions, mais d’adopter des politiques concrètes et inclusives pour faire du numérique un véritable moteur de développement pour tous.































































