La croissance affichée par Camtel entre 2015 et 2021 masque une réalité inquiétante. Le rapport définitif de la Chambre des Comptes, publié en juin 2024, dresse un tableau sévère de la gestion des infrastructures critiques de l’opérateur public : des câbles sous-marins quasi-inactifs et une dépendance technique alarmante à l’égard du géant chinois Huawei.
« L’indépendance de Camtel est sérieusement mise en cause par la sous-exploitation de ses câbles sous-marins et la dépendance technique à Huawei, »souligne le rapport.
Le constat est brutal : le taux d’utilisation du câble SAIL n’atteint que 0,31 %, pour un coût de 99,66 milliards FCFA. Les projets NBN I et II, censés moderniser le réseau avec Huawei, ont accumulé retards et dépassements budgétaires. L’absence de contrats formalisés expose le Cameroun à un risque stratégique majeur, Huawei détenant les codes et pouvant contrôler la maintenance des infrastructures critiques.
Cette sous-exploitation a un impact direct sur le quotidien des Camerounais : moins de bande passante disponible entraîne un coût d’internet plus élevé et limite l’accès aux services numériques pour les ménages et les entreprises.
Chiffres clés à retenir
- 0,31 % : Taux d’utilisation réel du câble SAIL
- 99,66 milliards FCFA : Coût du câble quasi inutilisé
- 90 % : Part de la dette Camtel détenue par Exim Bank of China
Pour la Chambre des Comptes, les mesures à prendre sont claires : finaliser les projets NBN selon les cahiers des charges, sécuriser juridiquement le partenariat avec Huawei, mettre en place une comptabilité analytique et assainir la gestion des comptes bancaires. Sans ces réformes, les câbles sous-marins du Cameroun risquent de rester des bijoux inutilisés, et la souveraineté numérique du pays, un vœu pieux.

Le Cameroun parviendra-t-il à exploiter pleinement ses câbles sous-marins et sécuriser sa souveraineté numérique, ou restera-t-il prisonnier de ses partenaires étrangers ?
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Pour aller plus loin :
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