Un pic inédit d’activité sur les réseaux sociaux camerounais
Le rejet de la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle d’octobre 2025 par ELECAM a provoqué un véritable raz-de-marée sur les plateformes numériques. Selon la société d’analyse Talkwalker, plus de 62 000 tweets ont été enregistrés en l’espace de 36 heures avec les hashtags #Kamto2025, #ELECAM, ou encore #HoldUpElectoral. Sur Facebook, on compte plus de 45 000 publications, dont certaines atteignent plusieurs dizaines de milliers de partages.
Cette effervescence s’est rapidement étendue à WhatsApp et Telegram, avec une diffusion accélérée de messages vocaux, de captures d’écran et de documents non vérifiés, souvent accompagnés de commentaires enflammés.
La tonalité des messages est globalement très engagée, alternant entre indignation virulente, appels à la mobilisation pacifique, analyses juridiques, et mèmes satiriques. Une cartographie dynamique, générée par Geotrend sur la base des données géolocalisées, montre une concentration des discussions dans les centres urbains tels que Douala, Yaoundé, Bafoussam et Garoua.
Accélération des fake news et montée des contre-feux numériques
En parallèle, plusieurs contenus trompeurs ont circulé : de faux communiqués d’ELECAM, de prétendues décisions de justice annulant le rejet, ou encore des vidéos anciennes sorties de leur contexte pour semer le doute. Le site indépendant HoaxCamer.com a signalé plus de 40 fausses publications virales en moins de 24 heures, un record depuis la crise post-électorale de 2018.
Le gouvernement, via le Ministère de la Communication, a appelé au « calme numérique » et rappelé que « toute incitation à la haine ou à l’insurrection sur les réseaux sociaux est passible de sanctions ». En parallèle, le CERT Cameroun a mis en garde contre une hausse des tentatives de phishing et de diffusion de malware via des fichiers joints.
📌 Encadré pédagogique : Comment identifier une fake news ?
- Vérifiez la source du message (site officiel, média reconnu)
- Méfiez-vous des contenus très émotionnels ou alarmistes
- Faites une recherche inversée d’image si une photo semble choquante
- Consultez les plateformes de vérification comme AfricaCheck
Réseaux alternatifs et stratégies de contournement
Face à la volatilité de Facebook et X, certains internautes migrent temporairement vers des plateformes perçues comme moins surveillées. Le réseau libre Mastodon.cm a enregistré une hausse de +240 % d’inscriptions en deux jours. Des canaux cryptés sur Telegram et Signal centralisent les annonces, parfois relayées automatiquement via des bots.
Côté cybersécurité, l’usage des VPN a explosé : selon ProtonVPN, les connexions en provenance du Cameroun ont bondi de +30 % en 24h. Des applications comme Session (messagerie chiffrée sans numéro) connaissent également un regain d’intérêt.
Tableau – Données-clés numériques liées à la crise Kamto
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Tweets liés aux hashtags Kamto/ELECAM | +62 000 | Talkwalker |
| Publications Facebook | +45 000 | Talkwalker |
| Fakes repérés (HoaxCamer) | 40+ | HoaxCamer |
| Inscriptions Mastodon.cm | +240 % | Mastodon.cm |
| Hausse d’utilisation de VPN | +30 % | ProtonVPN |
Des figures numériques en première ligne
Plusieurs personnalités influentes du web camerounais, notamment des avocats numériques ou cyber-activistes comme Me Sikati ou Tchamba Tech, ont joué un rôle structurant dans la réorientation des débats. Leurs threads explicatifs, lives Facebook ou tweets juridiques vulgarisés ont cumulé plusieurs millions de vues.
Ces figures ont parfois dû faire face à des signalements abusifs ou à des tentatives de shadowban, illustrant la fragilité de la liberté d’expression en ligne dans les périodes électorales tendues.
Entre dynamique urbaine et fracture numérique
Bien que l’essentiel de cette mobilisation numérique se concentre dans les grandes villes, des zones rurales du Grand Nord, de l’Est et du Sud-Ouest restent peu touchées, en raison d’un accès limité à Internet. Cette fracture numérique pourrait impacter la représentativité en ligne des réactions nationales.
Une présidentielle test pour l’écosystème numérique camerounais
La présidentielle de 2025 s’annonce, au-delà des urnes, comme un véritable test de résilience numérique pour l’ensemble de l’écosystème camerounais. Entre désinformation, surveillance, mobilisation et cybersécurité, c’est toute l’architecture de l’espace numérique local qui sera mise à l’épreuve.
Pour aller plus loin :
- Présidentielle 2025 au Cameroun : la plateforme d’ELECAM pour vérifier son inscription sur les listes électorales est de nouveau disponible
- Présidentielle 2025 : le site de dons du FSNC victime d’une cyberattaque ciblée
- Crise de la connectivité au Cameroun : MTN interpellé publiquement, les réseaux sous tension à l’approche de la présidentielle
- ELECAM hors ligne : une panne inquiétante à l’approche de la présidentielle 2025
- Présidentielle 2025 : Les enjeux numériques des élections camerounaises
- Orange Cameroun cède sous la pression du MRC : retour sur un bras de fer politico-économique
- Boycott massif d’Orange Cameroun après le refus d’un compte Mobile Money au MRC de Maurice Kamto
- Présidentielle 2025 : Vérifiez Votre Inscription en Quelques Clics grâce à la Nouvelle Plateforme d’ELECAM
- Présidentielle 2025 : MTN suspend puis rétablit la collecte de fonds de Maurice Kamto






























































